Léna et Alexis ont fait le grand saut. Pendant onze mois, ce couple d’Embreville a troqué son quotidien contre un sac à dos de 13 kilos et une liste de destinations qui donne le vertige. Des États-Unis à la Polynésie française, en passant par l’Asie et la Nouvelle-Zélande, leur périple a débuté par une idée simple : profiter pleinement d’une année pour découvrir le globe.
Leur aventure s’est construite sur deux ans de préparation. Le déclic est venu après leur voyage de noces sur la côte est des États-Unis en 2024. Cette première expérience en autonomie totale a révélé leur goût pour l’exploration. De retour en France, ils ont commencé à économiser avec une discipline de fer pour concrétiser ce projet d’année sabbatique.
Une année sabbatique préparée avec soin
Pour financer leur voyage, Léna, chargée de communication, et Alexis, maître-nageur, ont fait des choix radicaux pendant un an et demi. Restaurants, abonnements, sorties : tout y est passé. « On s’est serré la ceinture pour pouvoir profiter pleinement sur place », expliquent-ils. Leur effort a porté ses fruits puisque le budget final s’est élevé à environ 27 000 euros, bien en dessous des 30 000 initialement prévus.
Leurs employeurs respectifs ont accepté de leur accorder un congé sabbatique de onze mois. Une chance que tout le monde n’a pas. Ils ont pu partir sans perdre leur poste, ce qui a grandement facilité leur décision. Le couple avait une règle simple : un mois par pays et un maximum d’autonomie pour vivre l’aventure pleinement.
Le grand départ s’est fait avec un groupe d’amis proches, présents pour les trois premières semaines aux États-Unis. Cette présence a adouci la séparation, forcément difficile. « Tout le monde pleurait à l’aéroport », se souvient Léna. Mais une fois dans l’avion, l’excitation a remplacé les larmes.
Les destinations qui ont marqué leur exploration
Leur route a traversé l’Amérique, puis l’Asie du Sud-Est, le Japon et enfin l’hémisphère sud. Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Indonésie, Bornéo, Philippines : chaque étape a apporté son lot de dépaysement et de rencontres. Les transports en commun, les auberges de jeunesse et les réservations de dernière minute ont rythmé leur quotidien.
Le Vietnam reste leur plus grand coup de cœur. Léna évoque l’accueil des habitants, la culture et la place de la religion dans la vie quotidienne. La Polynésie française les a également profondément marqués, malgré son coût de vie élevé. Ils y ont limité leurs dépenses à environ 3 000 euros en privilégiant le camping.
La Nouvelle-Zélande les a impressionnés par ses paysages spectaculaires et la culture maorie. Ce fut leur étape phare avant de clôturer le voyage en beauté. Chaque pays leur a offert une façon différente d’appréhender le monde et de se confronter à l’inconnu.
Vivre en autonomie : les dessous de l’aventure
Ce voyage n’était pas des vacances. Loin de là. Le couple changeait de lieu tous les deux jours. Sacs à refaire, transports à organiser, hébergements à trouver : le rythme était soutenu. Ils ont connu des nuits dans des chambres avec sanitaires communs, des douches froides et des virus inattendus.
Pour tenir le budget, ils utilisaient une application qui enregistrait chaque dépense. Carte SIM, bus, hébergement, activité : tout y passait. Cette rigueur leur a permis de respecter leur enveloppe sans se priver. Ils voulaient d’ailleurs prouver qu’un long voyage reste accessible sans être millionnaire.
Leurs réseaux sociaux, notamment leur page Facebook « Léna et Alexis en voyage », ont documenté ce quotidien hors normes. Ils y partageaient leurs astuces et leurs dépenses réelles pour inspirer d’autres voyageurs. Une façon concrète de démystifier ce type d'exploration en montrant les coulisses, sans rien cacher.
Les moments forts et les rencontres inoubliables
Au Japon, leurs parents les ont rejoints pour une dizaine de jours. Ces retrouvailles ont été importantes, elles ont comblé un vide. Les anniversaires et les fêtes de fin d’année vécus à distance ont pesé sur le moral. Mais la présence des proches a tout changé.
- 🌏 Le Vietnam : l’accueil des habitants et la culture locale
- 🏝️ La Polynésie française : un lagon paradisiaque et des nuits sous tente
- 🗻 La Nouvelle-Zélande : des montagnes vertigineuses et la culture maorie
- ⛩️ Le Japon : un savant mélange de tradition et de modernité
- 🏄 Les Philippines : des plages sauvages et une vie sous-marine exceptionnelle
Le couple a aussi traversé des moments compliqués, notamment des problèmes de santé. « On est confrontés à des virus dont on n’a pas l’habitude », confessent-ils. Ces épreuves ont renforcé leur complicité et leur capacité à s’adapter. Après tout, l’aventure ne serait pas complète sans quelques imprévus.
Leur conseil pour ceux qui hésitent encore ? Ne pas attendre trop longtemps. « Le temps, on ne peut pas l’acheter. Par contre, l’argent reviendra », résume Alexis. Cette philosophie illustre bien l’état d’esprit qui les a portés pendant ces onze mois d’exploration.
Le retour à Embreville : entre nostalgie et nouveaux projets
Rentrés depuis quelques jours seulement, Léna et Alexis redécouvrent leur quotidien. La joie de retrouver la maison se mêle à une certaine nostalgie. Après des mois où chaque journée commençait par une découverte, la routine leur paraît forcément moins stimulante. « Ce n’est pas une déprime, c’est plus de la nostalgie », assurent-ils.
Déjà, ils se projettent. Dans quatre ou cinq ans, ils aimeraient repartir, peut-être avec des enfants, et plutôt en Europe. Leur passion pour la photographie et la vidéo pourrait devenir une activité complémentaire. Ils possèdent déjà l’équipement : appareil photo, caméra aquatique et drone.
Cette année sabbatique leur a surtout appris à relativiser. Rencontrer des personnes aux parcours différents, découvrir d’autres façons de vivre, prendre du recul : autant de richesses qui resteront gravées. Leur liberté retrouvée a un goût particulier, celui d’avoir réalisé un rêve mûrement réfléchi.
Des souvenirs pour la vie et l’envie de repartir
Après onze mois sur les routes, des milliers de kilomètres dans les jambes et des centaines de rencontres, le couple est revenu transformé. Leur aventure prouve qu’un grand voyage est possible avec de l’organisation et de la motivation. Ils en sont la preuve vivante.
Leur page Facebook continue d’ailleurs de rassembler une communauté grandissante. Les messages de soutien et les questions affluent. Léna et Alexis prennent le temps d’y répondre, partageant leurs expériences avec sincérité. Ils espèrent ainsi donner envie à d’autres de franchir le pas.
Leur histoire rappelle que le dépaysement et l'évasion sont à portée de main. Il suffit parfois de faire le premier pas. Eux l’ont fait ensemble, un sac à dos pour deux, et une année entière pour explorer le monde. Une belle leçon de courage et de persévérance.

Journaliste indépendant passé par la presse magazine, Hugo écume les routes secondaires depuis quinze ans. Il a fondé Auberge Notre Dame pour raconter sans détour les bonnes auberges et tables sincères de France.