Septembre s’impose comme le nouveau mois des vacances. Sur la côte basque, les terrasses restent pleines, les vagues attirent les surfeurs et la foule des grandes semaines d’août s’est envolée. Faut-il y voir un simple engouement ou la confirmation durable d’une nouvelle façon de voyager ?
Cette année encore, les chiffres de la demande touristique parlent d’eux-mêmes : les prix des hébergements baissent, le climat doux de l’arrière-saison séduit et les voyageurs plébiscitent le calme. Le phénomène des Septembristes, bien documenté dans le sud-ouest, gagne du terrain dans toute la France.
Pourquoi les Septembristes choisissent-ils plus que jamais le tourisme en septembre ?
Qui sont ces voyageurs qui repoussent leurs congés après la rentrée des classes ? Des surfeurs en quête de vagues, des retraités avides de tranquillité, des entreprises qui organisent leurs séminaires loin des bouchons estivaux. Leur point commun : chercher des vacances abordables sans sacrifier la qualité.
Sur la côte basque, cette bascule se mesure concrètement. Les températures restent agréables, l’océan conserve sa chaleur et les sites touristiques se visitent sans attente. Un séjour en bord de mer en cette période offre le meilleur des deux mondes : la baignade et la sérénité.
Les professionnels du secteur ont appris à adapter leur offre. Hôtels, campings ou organisateurs d’activités transforment leurs espaces pour accueillir des publics variés. Le mélange des générations fonctionne étonnamment bien : chacun y trouve son compte, de la famille avec enfants en bas âge aux groupes d’amis.
Les données de la saison confirment la tendance. Le mois de septembre représente désormais une part croissante de la fréquentation annuelle. C’est une tendance voyage qui se structure, portée par des voyageurs avertis qui comparent les prix et consultent les prévisions météo avant de réserver.
Résultat : les Septembristes ne sont plus une exception mais un pilier de l’économie touristique française.
Le tourisme d’affaires en septembre, une manne pour les régions
Bien des salariés ignorent que septembre est devenu un mois clé pour les séminaires d’entreprise. Claire, responsable marketing dans une société parisienne, a choisi Hossegor pour lancer la rentrée de son équipe. Elle cherchait un lieu fédérateur, avec des activités variées et des tarifs raisonnables.
Le Jo&Joe de Hossegor a répondu à son besoin. L’auberge de jeunesse, avec sa rampe de skate et son bar central, met en relation des publics différents autour d’une même énergie. Les chambres privées côtoient les dortoirs, sans hiérarchie apparente.
Les gestionnaires confirment : les demandes dépassent l’offre. Avec 135 couchages, l’établissement refuse du monde certaines semaines. Les entreprises réservent souvent deux ou trois jours et incluent des activités de team building. Cette clientèle dépense volontiers et consomme local.
Le tourisme d’affaires représente une part substantielle de l’activité de basse saison. Avant la pandémie, ces groupes s’envolaient souvent vers l’étranger. Ils découvrent désormais les atouts des régions françaises à quelques heures de train.
Vacances abordables et climat doux : l’équation gagnante pour la demande touristique
Le budget reste l’argument déterminant pour les Septembristes. Comparons : une semaine en mobil-home en août peut dépasser 700 euros tandis qu’en septembre, les locations se négocient entre 200 et 300 euros. La différence est saisissante pour un service identique.
Prenons l’exemple des seniors. Ils représentent une part grandissante des vacanciers de septembre, souvent en camping-car ou en mobil-home. Les destinations balnéaires leur offrent des séjours prolongés à des conditions avantageuses. Les équipements restent ouverts, les piscines chauffées, les restaurants accessibles.
Les Allemands, dont la rentrée scolaire varie selon les Länder, remplissent les campings varois. Le camping Salines de Giens prolonge l’ouverture de ses beach houses jusqu’à la mi-octobre pour capter cette clientèle fidèle.
Les observateurs notent un changement climatique qui joue en faveur de l’arrière-saison. Les épisodes de pluie se font plus rares en septembre, les températures restent élevées. Le climat doux devient une garantie pour les vacanciers qui réservent plusieurs mois à l’avance.
Les professionnels de l’hôtellerie de plein air l’affirment : septembre est le mois dont le poids progresse le plus vite dans leur chiffre d’affaires. La montée en gamme des campings, avec des équipements modernes et des services variés, explique aussi cet attrait durable.
Des campings aux stations de montagne, l’adaptation des acteurs du tourisme
Pour capter cette demande touristique, les territoires repensent leur organisation. Le groupe Sendaya propose désormais des espaces de séminaire dans deux de ses établissements, à l’île de Ré et en Seine-et-Marne. Les campings Homair ont créé une équipe dédiée à l’événementiel, des mariages aux cousinades.
La montagne, souvent délaissée en septembre, tente aussi sa reconversion. Les stations comme Sainte-Foy-Tarentaise imaginent une nouvelle organisation pour accueillir les touristes jusqu’à la mi-septembre. Les hébergeurs s’organisent à tour de rôle pour maintenir les commerces ouverts.
Dans les Alpes italiennes, cette pratique est déjà rodée : les restaurateurs programment leurs congés en fonction des autres pour ne jamais laisser les vacanciers sans solution. Cette solidarité entre acteurs locaux fait la différence.
Les destinations du phénomène saisonnier : le Septembriste a l’embarras du choix
Le Pays basque concentre toutes les promesses de l'automne naissant. Les vagues de l’Atlantique ravivent les surfeurs, les musées de Bayonne affichent complet le week-end et l’office de tourisme recense près de la moitié de visiteurs en moins qu’en juillet.
La pelote basque, le surf, le chocolat ou l’histoire de l’art : les activités ne manquent pas. Les groupes trouvent leur compte dans des formules packagées qui combinent culture et sport. Les familles, contraintes par le calendrier scolaire, restent rares à cette période.
Les établissements de la côte atlantique notent aussi l’arrivée d’un nouveau public : les étudiants et jeunes actifs en année de césure, qui prolongent l’été indien loin du tumulte des grandes vacances.
Les spécificités régionales du tourisme en septembre
La demande touristique de septembre ne se lit pas de la même manière partout. Sur la côte méditerranéenne, les visiteurs viennent principalement des régions voisines pour des courts séjours. En Bretagne, la météo capricieuse tempère l’ardeur des vacanciers tardifs.
Dans les terres, les châteaux de la Loire et les villages du Périgord attirent une clientèle internationale. Les touristes asiatiques, en nombre croissant, privilégient justement cette période pour éviter les pics de fréquentation.
Les hébergements insolites, comme les cabanes dans les arbres ou les yourtes, rassemblent les jeunes couples en quête d’authenticité. Les tarifs plus bas permettent de s’offrir des expériences inaccessibles en haute saison.
L’économie touristique transformée par le phénomène Septembristes
Septembre n’est plus ce marasme économique redouté par les hôteliers. Les carnets de réservation se remplissent, les restaurants restent ouverts et l’emploi saisonnier se prolonge. Les contrats courts s’étirent, offrant une bouffée d’oxygène aux territoires touristiques.
Le surcoût de fonctionnement lié à l’ouverture prolongée est compensé par un taux d’occupation honorable. Les thermes et centres de bien-être, particulièrement prisés, réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires sur cette période.
Cette bascule bénéficie aussi aux habitants : moins de nuisances sonores, des plages propres, des commerces de proximité toujours ouverts à la rentrée. Certaines communes travaillent désormais à l’année avec une saison touristique étalée sur sept mois.
Reste à résoudre les difficultés structurelles : transports moins fréquents, services médicaux réduits, animations culturelles limitées. Les collectivités planchent sur des aménagements pour pérenniser cette dynamique positive.
Chiffres clés et perspectives pour septembre : ce qu’il faut retenir
Voici l’essentiel à retenir pour comprendre ce phénomène saisonnier qui ne cesse de grandir :
- 27 % des Français envisagent de partir en septembre, un niveau record selon les études de conjoncture.
- Les prix des locations touristiques baissent de 30 à 50 % comparés à ceux d’août.
- Les destinations littorales conservent une météo clémente avec une température moyenne de 24 degrés.
- La fréquentation touristique de septembre progresse de 7 % chaque année depuis cinq ans.
- Le tourisme d’affaires représente jusqu’à 40 % des nuitées Septembristes dans certaines zones.
- Les campings enregistrent des taux de remplissage supérieurs à 65 % sur la première quinzaine.
- Les voyageurs qui choisissent septembre économisent en moyenne 250 euros par personne et par semaine.
L’inflexion est nette : le monde du voyage a intégré la réalité de ce mois charnière. Les stations de montagne tentent de suivre la cadence, les campings investissent, les offices de tourisme affinent leur communication. La météo douce et les prix attractifs ont fait de septembre un mois à part entière dans l’agenda des vacanciers. Et les habitudes prennent vite racine.
D’autant que les réservations précoces pour septembre 2026 indiquent une augmentation de 12 % par rapport à l’année précédente. Les tour-opérateurs adaptent leurs catalogues, les compagnies aériennes conservent des fréquences élevées. La boucle est bouclée : les Septembristes ne sont plus une curiosité, ils sont devenus une force économique incontournable.

Journaliste indépendant passé par la presse magazine, Hugo écume les routes secondaires depuis quinze ans. Il a fondé Auberge Notre Dame pour raconter sans détour les bonnes auberges et tables sincères de France.